mardi 10 février 2009

L'ENSEIGNEMENT DE SRI AUROBINDO ET LA VISION EN PREMIERE PERSONNE DE DOUGLAS HARDING.

Quelques extraits de Sri Aurobindo se rapprochent au plus près de ce sur quoi insiste Douglas Harding.

Ainsi on lit dans le tome 4 des Lettres sur le yoga p.89-90 :

" Un sentiment, c'est aussi la perception de quelque chose que l'on sent: perception dans le vital, dans le psychique ou dans la substance essentielle de la conscience. J'ai même souvent entendu qualifier de sentiments des perceptions mentales, quand elles étaient très vives. Si vous excluez tous ces sentiments, et d'autres similaires, en disant que ce sont des sentiments et non des expériences, alors vous laissez très peu de place aux expériences. Le sentiment et la vision sont les formes principales de l'expérience spirituelle. On voit et on sent le Brahman partout ; on sent une force pénétrer en soi ou en émaner; on sent, ou on voit, la présence du Divin au-dedans ou autour de soi; on sent, ou on voit, la descente de la Lumière; on sent la descente de la Paix ou de l'Ânanda. Envoyez promener tout cela sous prétexte que ce ne sont que des sentiments, et vous balayez la plupart des choses que nous appelons des expériences. Nous sentons aussi un changement dans la substance de la conscience ou dans son état. Nous sentons que nous nous élargissons et que le corps est un petit objet dans cette immensité (nous pouvons aussi le voir); nous sentons que la conscience du cœur est vaste et non plus étroite, malléable et non plus dure, illuminée et non plus obscure, de même pour la conscience cérébrale, la conscience vitale et même la conscience physique; nous sentons des milliers de choses de toutes sortes, et pourquoi ne les appellerions-nous pas des expériences? C'est bien entendu une vision intérieure, une sensation intérieure, une sensation subtile et non pas matérielle comme celle d'un vent froid, d'une pierre ou d'un objet quelconque, mais à mesure que la conscience intérieure s'approfondit, elle n'en est ni moins vive ni moins concrète, bien au contraire."


Et plus loin p.118, on lit :

"D'ordinaire, ils [ceux qui n'ont pas la connaissance mentale du Moi universel] le ressentent d'abord par l'intermédiaire du psychique, par l'union avec la Mère, et ne l'appellent pas le Moi ; ou alors ils ressentent simplement une immensité et une paix dans la tête ou dans le cœur. La connaissance mentale préalable n'est pas indispensable. Dans plus d'un cas, j'ai vu des sâdhak recevoir la réalisation du Brahman et demander: "De quoi s'agit-il ?", tout en la décrivant avec beaucoup de vivacité et d'exactitude, mais sans employer aucun des termes consacrés.

Alors que je venais d'écrire ces quelques lignes, j'ai reçu une lettre d'une sâdhikâ qui me dit: "Je vois ma tête devenir très calme, pure, lumineuse, universelle, vishvamaya." Eh bien, c'est le commencement de la réalisation du Brahman universel : c'est le Moi dans le mental, mais si je lui parlais en ces termes elle ne comprendrait rien."



Mère, Mirra Alfassa, la compagne spirituelle de Sri Aurobindo dans Quelques réponses de la Mère, p.184 écrit significativement :

Il ne faut pas se laisser écraser par le sens de l'immense ; il faut s'y baigner, au contraire, avec joie et sérénité. Si l'on était inévitablement enfermé entre les quatre murs de sa conscience personnelle, c'est alors que ce serait triste et écrasant... Mais l'infini nous est ouvert, nous n'avons qu'à nous plonger en lui.


29 mars 1937, Ashram de Sri Aurobindo


Elle propose dans ses Entretiens un exercice qu'elle tient d'une de ses connaissances qu'un pratiquant de la Vision sans tête, qu'on trouvera en cliquant ici.


Ici, en cliquant sur ce lien, on trouvera des extraits de Satprem, le disciple de Sri Aurobindo et confident de Mère, qui pointent dans cette même direction que la vision sans tête de Douglas Harding.


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