Quand nous nous tenons en première personne, qu'en est-il du jugement moral ?
Nous nous imaginons nous tenir face à face avec l'autre surtout lorsque nous le jugeons moralement.
Etre vraiment conscience immédiate en première personne revient à accueillir l'autre tel qu'il est et à relativiser toute pensée concernant ce qui séparerait mon ego de son ego. Même si l'autre contrevient aux règles du respect, en première personne, je ne peux qu'être accueil de tous les phénomènes qui se produisent dans la conscience.
On ne peut pas explorer ce qu'est être en première personne, si on ne veut pas ce qui a lieu tel qu'il a lieu quand ce qui a lieu ne dépend pas ultimement de nous. Affirmer que ce qui est ne devrait pas être comme c'est comme nous invite le discours moral sur autrui m'interdit de me situer vraiment en première personne.
Ne pas juger autrui devient donc une condition sine qua non pour vivre en première personne. Mais quel est l'intérêt de se mettre à vivre de ce point de vue ?



Finalement l'autorité ultime reste, même en autrui, la conscience en première personne. Elle seule peut se reconnaître à travers la petite personne, comme il lui arrive de se reconnaître à travers la mienne. Le Oui de ma petite personne à la vision en première personne reste un acte de la conscience en première personne.

Bouger le doigt ne dépend pas ultimement de moi : ce mouvement ne se produit que par une harmonie entre ma volonté et les actes universels de la conscience en première personne. Mon action est d'ailleurs un acte universel : cette action consiste à pointer du doigt ce qui permet de constater tout cela, la conscience universelle, consciente de sa vacuité et son autocréation universelle. Même si cette action conduisait ma petite personne à négliger ce constat intuitif, il n'en reste pas moins qu'elle est un produit d'une multitude de réalités de l'univers comme la science m'invite à le comprendre.
La morale usuelle n'a guère de sens même en ce qui me concerne. Seul l'univers en son évolution créatrice pourrait tendre à perfectionner mes actes d'un point de vue moral usuel. Mais si le point de vue moral usuel n'est pas satisfaisant, il m'a guidé vers l'amour de la première personne. La morale reçue de mes parents et de la société s'est muée en morale rationnelle que idéalement je me suis assigné comme horizon futur. L'élément phare de cette morale rationnelle est le devoir de vérité : éviter l'erreur, lever l'illusion, combattre le mal, fuir l'inauthentique. Ce devoir d'être en vérité que je me suis assigné est la morale qui m'oblige à reconnaître l'importance transformatrice de la vision en première personne. Ma petite personne se tient dès lors devant le divin. Ce terme traduit l'intuition que d'autres ont eu dans le passé.
Mon action intentionnelle n'est plus seulement une recherche de vérité mais un amour. L'amour que j'ai pour cet œil de Dieu qui ne juge pas les nombreux oublis et négations grandit chaque fois que je le retrouve. Me tenir devant lui fait grandir cet amour que j'ai pour lui : l'amour que j'ai pour lui n'est qu'un reflet infime de l'amour infini qu'il me porte. Mon amour porte donc l'insatisfaction de ne jamais être assez grand, tout en étant d'une plénitude infinie puisque de plus en plus ressenti comme rayon de cet amour unique qui imprègne la conscience en première personne.
L'action intentionnelle n'est donc pas seulement une action rationnelle qui m'unirait à l'universel. Il s'agit d'un amour qui cherche de plus en plus à incarner la volonté divine. Il s'agit d'un amour qui se sait l'effet de la grâce divine et qui apprend à n'être que le vecteur de cette grâce.
Il n'y a pas de jugement moral à constater que je manque d'amour, que je pèche en amour lorsque je n'accueille pas l'autre en première personne, puisque manquer d'amour est aussi profondément en désirer.

L'action intentionnelle n'est donc pas seulement une action rationnelle qui m'unirait à l'universel. Il s'agit d'un amour qui cherche de plus en plus à incarner la volonté divine. Il s'agit d'un amour qui se sait l'effet de la grâce divine et qui apprend à n'être que le vecteur de cette grâce.
Il n'y a pas de jugement moral à constater que je manque d'amour, que je pèche en amour lorsque je n'accueille pas l'autre en première personne, puisque manquer d'amour est aussi profondément en désirer.

Il y a juste dans ce manque d'amour un rappel à la vision en première personne qui chaque fois diffuse sa grâce. Cette grâce est au moins celle de sa vacuité en laquelle ma petite personne ne craint plus les tribulations.
Quel dommage que tant de personne juge cette vacuité insignifiante alors que abandonnant ma petite personne en elle, il n'y a plus seulement moi manquant d'amour face à l'absence de face de l'œil divin. Se ressentir dans la vacuité revient à se vivre comme un agrégat de sensations, de désirs, d'émotions, de pensées voire d'intuitions ondoyant divinement dans la Conscience divine, émergeant et disparaissant tour à tour d'elle seule. Et même à ne plus savoir si ce n'est pas plutôt la conscience divine qui fait ondoyer en elle-même un agrégat de sensations, de désirs, d'émotions, de pensées voire d'intuitions.
Dans la vacuité, mon manque d'amour adressé au divin n'est plus une relation imaginaire, c'est une réalité relationnelle existant pour elle même sans dualité aucune, c'est un ondoiement d'amour extatique dans la tranquillité de l'amour.
Mon action devient comme une inaction, une pure passion à travers laquelle le divin agit en première personne. Ma petite personne en se livrant à cet amour apprend à faire la volonté divine.
Quel dommage que tant de personne juge cette vacuité insignifiante alors que abandonnant ma petite personne en elle, il n'y a plus seulement moi manquant d'amour face à l'absence de face de l'œil divin. Se ressentir dans la vacuité revient à se vivre comme un agrégat de sensations, de désirs, d'émotions, de pensées voire d'intuitions ondoyant divinement dans la Conscience divine, émergeant et disparaissant tour à tour d'elle seule. Et même à ne plus savoir si ce n'est pas plutôt la conscience divine qui fait ondoyer en elle-même un agrégat de sensations, de désirs, d'émotions, de pensées voire d'intuitions.
Dans la vacuité, mon manque d'amour adressé au divin n'est plus une relation imaginaire, c'est une réalité relationnelle existant pour elle même sans dualité aucune, c'est un ondoiement d'amour extatique dans la tranquillité de l'amour.