dimanche 17 octobre 2010

LA VERTICALISATION SPIRITUELLE ET LES RESISTANCES MENTALES AVEC DOUGLAS HARDING.

Tout autour de nous, il y a des convergences des lignes remarquables :


La plus courantes de ces convergences qu'il nous est donné de constater est celle qui concerne les points de fuite à l'horizon.
Nous pouvons nous étonner du fait que là-bas toutes les lignes convergent mais plus encore du fait qu'ici du côté du regard, il y ait une divergence à l'infini. L'infini semble ici dans le regard tout autant sinon plus que dans la chose regardée.

Regardons un peu celui qui regarde cet horizon :

Le constat le plus étonnant est que celui qui regarde n'a pas de tête visible au-dessus des épaules. Au-dessus des épaules, tout l'espace visible se déploie. On notera que quand celui qui regarde ouvre les bras, il embrasse tout ce qui déploie à partir de l'horizon et au-dessus de ses épaules. Incompréhensiblement ses bras embrasse l'ouverture infinie de l'horizon...

En effet quand je regarde les autres tenter d'embrasser l'horizon je vois plutôt des bras ouverts n'embrassant qu'une petite fraction de cet horizon...

Mais c'est surtout du côté des verticales que le choc de l'exploration d'une vision en première personne est remarquable.

On nous a sans cesse expliqué ainsi la perspective :Et à l'intérieur d'une pièce nous voyons pour beaucoup, semble-t-il, les arrêtes verticales bien parallèles :


Douglas Harding nous aide à remarquer que si nous voyons des arrêtes verticales parallèles, il y a forcément un voir-penser et non un pur voir. Ne serait-ce pas plutôt la perspective suivante qui se rapprocherait de ce qu'on voit ?

Ne faut-il pas admettre que les verticales ne sont pas aussi parallèles que le veulent nos conventions picturales et photographiques (grâce à des effets de lentilles) ?

Pour nous en assurer suivons l'expérience proposée par Douglas Harding dans Être et ne pas être, Almora, 2008, p.166 :

"Fermant un œil et pivotant légèrement sur moi-même, je prolonge vers le bas toutes les lignes verticales que je vois. En me servant de la tranche de ce livre, ou mieux encore d'une règle ou d'un bâton (comme l’indique le [deuxième] dessin [ci-dessous]), je prolonge par exemple les lignes des coins de la pièce, des montants des portes, des cadres des fenêtres, etc. Et je découvre que toutes ces lignes soi-disant droites et parallèles convergent sur moi et se rejoignent dans la région de mon cœur.
Maintenant, je vous en prie, faites la même chose dans la pièce où vous êtes en ce moment.

Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais on m'a enseigné à l'école que les lignes parallèles convergent à l'Infini. Ils avaient raison ! Je suis cet Infini ! […]

Pour vérifier, désignons ce lieu, ce centre supermagnétique qui attire en lui toutes ces lignes verticales, et voyez qu'il explose à l'infini, éternellement."

Ainsi si nous voulons bien être attentif, voici la double loi de convergence des verticales et des horizontales à l'infini.


Sans cesse notre vraie nature nous est rappelée par les verticales et les horizontales, nous revenons à la vision en première personne, nous sommes libérés du voir-penser qui nous empêche de voir notre vraie nature. Les horizontales nous rappellent à notre nature infinie et les verticales nous ramènent à notre cœur spirituel à la croisée du manifesté et du non manifesté, à la croisée de notre incarnation personnelle (hypostase) et de notre essence universelle (ousia), etc.

Citons à la suite de Douglas Harding ce passage étonnant de Dostoïevski dans les Frères Karamazov :

« (…) si Dieu existe et s’il a vraiment créé la terre, alors, comme nous le savons positivement, il l’a faite selon la géométrie euclidienne et a créé le cerveau humain avec la seule notion des trois dimensions de l’espace. Cependant il s’est trouvé et il se trouve encore des géomètres et des philosophes, même parmi les plus éminents, pour douter que tout l’univers ou, dans un sens encore plus vaste, toute existence n’ait été créée que selon la géométrie euclidienne, ils osent même rêver que deux lignes parallèles qui, d’après Euclide, ne peuvent jamais se rencontrer sur terre, pourraient se rencontrer quelque part dans l’infini... J'ai une conviction enfantine que les souffrances du monde seront adoucies et guéries, que toute la comédie choquante des contradictions humaines disparaîtra comme un mirage pitoyable, un vil produit de l'esprit Euclidien de l'homme... Et que, à la finale du monde, quelque chose de si précieux sera révélé que tous les cœurs seront comblés... Puissent les lignes parallèles se rejoindre sous mes propres yeux. », Dostoïevski, Les Frères Karamazov (1860)

Cette prière n'est-elle pas réalisable grâce à ce que nous venons de découvrir ?

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