dimanche 26 juin 2011

AU-DELA DE LA BEAUTE COMME EXPERIENCE NON DUELLE, L'ART COMME REVELATION PERCEPTUELLE.

Pour Bill Garside,


L'art est souvent associé à l'expérience de la beauté. C'est un artefact qui produirait chez le spectateur un plaisir désintéressé à la différence de l'agréable toujours lié à un plaisir intéressé. Kant définit le sentiment de beauté en ce sens. Pour aller plus loin dans la description des caractéristiques du sentiment de beauté, Schopenhauer évoque directement le dépassement du sujet spectateur et de l'objet du spectacle. Dans le sentiment de beauté si l'on prête attention, il n'y a plus moi qui écoute la musique, il n'y a plus que la musique qui est écoutée. La musique semble se déployer seule dans une conscience désertée par les jugements, les préoccupations personnelles, etc.

L'art contemporain brise cette conception de la beauté en voulant défaire l'art de toute sacralisation. Pour éviter le sacré, il faut se défaire de toute transcendance, de toute résonance harmonique.

L’œuvre de Marcel Duchamp est à cet égard significative :


Mais le risque de l'art contemporain n'est-il pas alors de n'être qu'une célébration de l'ego et de son mental ?
Au final n'est-ce pas le contexte de reconnaissance de la personnalité de l'artiste qui amène la reconnaissance de son œuvre qui  en fait n'a aucune valeur du point de vue d'une expérience de beauté ?

Krishnamurti, dans Se libérer du Connu attaque entre autre cette dérive de notre culture dont l'art contemporain porte peut-être la marque la plus symptomatique :

« Voir est une des choses les plus difficiles au monde : voir ou entendre, ces deux perceptions sont semblables. Si vos yeux sont aveuglés par vos soucis, vous ne pouvez pas voir la beauté d’un coucher de soleil.

 


Nous avons, pour la plupart, perdu le contact avec la nature. La civilisation nous concentre de plus en plus autour de grandes villes : nous devenons de plus en plus des citadins, vivant dans des appartements encombrés, disposant de moins en moins de place, ne serait-ce que pour voir le ciel un matin ou un soir. Nous perdons ainsi beaucoup de beauté. Je ne sais pas si vous avez remarqué combien peu nombreuses sont les personnes qui regardent le soleil se lever ou se coucher, ou des clairs de lune, ou des reflets dans l’eau. N’ayant plus ces contacts, nous avons une tendance naturelle à développer nos capacités cérébrales. Nous lisons beaucoup, nous assistons à de nombreux concerts, nous allons dans des musées, nous regardons la télévision, nous avons toutes sortes de distractions. Nous citons sans fin les idées d’autrui, nous pensons beaucoup à l’art et en parlons souvent. A quoi correspond cet attachement à l’art ? Est-ce une évasion ? Un stimulant.

 


Lorsqu’on est directement en contact avec la nature lorsqu’on observe le mouvement de l’oiseau sur son aile ; lorsqu’on voit la beauté de chaque mouvement du ciel ; lorsqu’on regarde le jeu des ombres sur les collines ou la beauté d’un visage, pensez-vous que l’on éprouve le besoin d'aller voir des peintures dans un musée. »

Cependant cette attaque de Krishnamurti contre l'art ne nous semble pas correspondre à la réalité, elle passe à côté de la profondeur l'expérience artistique. L'expérience de la beauté artistique existe et dans ce texte il l'ignore au profit de la beauté naturelle.

Par ailleurs en art contemporain, il y a une dimension autre de l'activité de l'artiste qui n'est pas liée à la seule expérience de la beauté. Le ravissement de la beauté dans la nature ou face à des œuvres classiques livre rarement ses clés. L'expérience de la non dualité entre le sujet qui perçoit et l'objet perçu n'est-il pas possible dans la simple banalité ?


Cette œuvre de John Batho a une poésie mais est-elle belle ? Sa force artistique n'est pas dans sa beauté. Elle s'éclaire mieux dans les propos suivant de Bergson où il précise le statut de l'artiste :

« Qu’est-ce que l’artiste ? C’est un homme qui voit mieux que les autres, car il regarde la réalité nue et sans voiles. Voir avec des yeux de peintre, c’est voir mieux que le commun des mortels. Lorsque nous regardons un objet, d’habitude, nous ne le voyons pas ; parce que ce que nous voyons, ce sont des conventions interposées entre l’objet et nous ; ce que nous voyons, ce sont des signes conventionnels qui nous permettent de reconnaître l’objet et de le distinguer pratiquement d’un autre, pour la commodité de la vie. Mais celui qui mettra le feu à toutes ces conventions, celui qui méprisera l’usage pratique et les commodités de la vie et s’efforcera de voir directement la réalité même, sans rien interposer entre elle et lui, celui-là sera un artiste. »

La critique de Krishnamurti passe donc à côté d'une dimension essentielle de l'art qui concerne aussi la non dualité mais en dehors de la beauté de l'objet qui peut la susciter. Avec Bergson le but essentiel de l'art ne nous semble pas en priorité de devoir concurrencer ou imiter la nature en terme de beauté. D'ailleurs cette tâche est en partie inutile, ne serait-ce qu'en terme d'imitation. Mais contrairement à la nature qui nous ravit sans nous donner les clés de ce ravissement, l'art peut lui nous éclairer davantage sur le fonctionnement de la perception elle-même et comment elle peut à l'occasion devenir une expérience de non dualité entre sujet et objet. D'accord, avec Krishnamurti, il nous semble que l'art n'apporte pas grand chose quand il demeure conceptuel ou grossièrement émotif. Un discours poétique purement conceptuel ne serait plus poétique mais philosophique. Un tableau visant seulement à susciter tel désir, telle émotion ne serait plus une œuvre picturale mais un panneau publicitaire, une source de confusion émotionnelle.


L'art de Ben semble à vrai dire se ramener à du publicitaire ou à des concepts discutables mais ce blanc sur fond noir a une poésie. C'est un peu l'écolier d'autrefois qui trace à la craie sur son ardoise sa proposition. L'affirmation conceptuelle d'un art lié à l'ego semble contredite par cette uniformité écolière. Notre critère esthétique d'appartenance au domaine artistique inspiré de Bergson ne nous lie plus à la beauté tout en nous donnant des clés d'analyse de l'art contemporain. Cependant on pourra toujours discuter de la richesse de la mise en lumière de la perception opérée par un Ben. D'ailleurs il n'est pas certain que la pauvreté de cette mise en lumière ne soit pas en fait ce que cherche Ben en cherchant à s'éloigner de toute compromission avec la beauté.

Le concept, le désir et l'émotion ne sont pas étrangers à l'art, ce qui caractérise l'art est donc sa dimension de mise en lumière par la perception. L'art peut éclairer par son dispositif la perception que ce soit celle d'une pensée, d'un désir ou d'une émotion et peut-être plus profondément encore le mystère de tout ce qui se donne à percevoir. Cette mise en lumière que plus particulièrement l'art permet est d'abord perceptuelle (si je forme l'adjectif de percept). Le percept artistique peut placer au centre la beauté mais il peut mettre mettre en lumière des percepts plus pauvres en apparence mais au fond fondamentaux.
L'art contemporain peut-être plus que l'art des temps passés grâce à la désacralisation qui le purifie des concepts et des affects gagne souvent en force perceptuelle pour nous amener à explorer notre champ de perception dans sa pauvreté apparente originaire.


Cette œuvre de Robert Ryman cite celle de Malevitch, Carré blanc sur fond blanc.


Mais si on veut bien oublier le jeu conceptuel et émotionnel des références, face à l’œuvre seule de Robert Ryman, il n'y a pas de concept, pas d'émotion, pas de désir.


Il y a une perception de blancheur, une saturation de blanc. Tout le dispositif amplifie cette réalité d'un moment de perception d'une atmosphère de blancheur avec ses blancs multiples. Cette amplification de la blancheur en sa multiplicité est par excellence un percept.

Dans Moi, l'évidence perdue, Stephen Jourdain nous met au défi qu'au fond l’œuvre de Robert Ryman nous aide malgré nous à relever :

Si notre approche de la qualité est correcte, comme elle l'était largement lorsque nous étions petits, les écailles vont nous tomber des yeux ; nous allons être confrontés à ce mystère émouvant, que dis-je, transperçant, qu'est la couleur, la couleur pure. Nous n'allons plus retenir la couleur dite sensible qui s'étale banalement à la surface des objets, mais la nature colorée, à jamais injustifiable de la couleur.
Nous n'allons plus nous adresser au [blanc], mais à la [blancheur] du [blanc].[...] Tout ça de la MUSIQUE. Des IMPRESSIONS. Nos sens ne sont plus dans la course. C'est l'âme qui ressent.

On ne peut évoquer une dimension perceptuelle ou encore la notion de percept sans évoquer Gilles Deleuze.
L'idée au sens de Deleuze traverse toutes les activités créatrices et se présente dans tous les domaines. Elle apparaît sous trois formes distinctes. 1. Chez le philosophe, sous forme de concepts ; 2. l'artiste (le romancier ou le peintre) pour sa part invente des percepts et ; 3. le musicien crée des affects. Qu'est-ce que ça veut dire? ... Le percept est ce qui reste des sensations inventées par l'artiste une fois que celui-ci a disparu. Le percept est « un ensemble de perceptions et de sensations qui survit à ceux qui les éprouvent.» Les affects sont « des devenirs qui débordent celui qui passe par eux » et qui excèdent ses forces. La musique est un grand créateur d'affects qui nous dépassent. Les philosophes sont des voyants qui, par leurs concepts, vous font voir les choses. Bien sûr, affect, percept et concept sont liés et se présentent toujours en conjonction les uns avec les autres. [cet extrait est emprunté ici à philo5]

Nous rejoignons Deleuze quand il conçoit que le percept ou l'affect sont des productions mentales qui ne sont pas liés à telle personnalité qui les a produites. Avec Bergson nous considérons aussi en effet que l'artiste nous révèle ce qui est là et que nous ne savions pas voir. Mais ce voir dont il est question n'est pas prisonnier pour Bergson des limites du langage. Ne pourrions-nous pas affirmer qu'il est pas prisonnier des limites des représentations mentales même si son expression passe par elles ? Si on rapproche concept, percept et affect comme formes d'idées et donc comme formes mentales, on manque ce que pointe Bergson et ce que Krishnamurti reproche aux artistes de ne pas voir : il y a un voir, une dimension de la vie perceptive qui n'est pas prisonnière des limites de la pensée et de la représentation.



Comme on peut le voir sur ce dessin, le champ de perception visuelle englobe une représentation dessinée du champ de perception visuelle. En un sens on peut comprendre par ce dessin que le champ de perception contient les conceptions et les émotions. A vrai dire ce dessin est un percept car ce n'est pas encore notre propre expérience direct du champ de perception même si il nous y renvoie. Car ce qui est de l'autre côté du perçu et qui s'y accole n'est pas figurable (représentable). Ce dessin cherche à nous faire constater directement que nos concepts et nos affects surgissent d'abord comme des perceptions s'entremêlant à celles des sensations. En tant que perceptions, nos concepts, nos affects et nos sensations ne fonctionnent plus simplement mentalement comme nos concepts ou affects oublieux de leur dimension perceptuelle apparemment négligeable. Les perceptions sensibles sont certes des représentations mais elles ne sont pas non plus des simples représentations mentales de nos sensations : c'est un rien la caractérisant qui s'accole aux formes qui est leur condition de possibilité. 

Pour nous, le percept est donc plus fondamental que le concept et l'affect. Et si un concept ou un affect peuvent évoquer un percept, ils ne font que l'indiquer, ils ne sont pas capables d'opérer directement le basculement vers le domaine d'expérience originaire de la perception dont l'art lui est capable plus directement en tant que percept.

Ce portrait par sa beauté ne nous ramène-t-il pas à ce champ de perception originaire ? L'expérience de la beauté est un basculement direct dans une expérience originaire de la perception où il n'y a plus séparation comme nous l'indiquions entre percevant et perçu.


Ce portrait de Fayoum, ce masque mortuaire ne nous précipite-il pas dans un face à espace vide où les perceptions surgissent ? La puissance esthétique de ce portrait n'a-t-elle pas la magie de momentanément nous arracher à l'impression de faire face à face avec un visage ?

L'art de l'icône prend racine à l'évidence dans l'art de Fayoum. Les techniques qui utilisent un mélange des pigments avec l’œuf visent à créer une transparence des couleurs. Cette transparence des couleurs n'évoque-t-elle pas la transparence qui caractérise l'essence du champ de perception ?


Nos analyses prolongent celle de http://www.bergerfoundation.ch/Fayoum/fayyum_intro_french.html. Et elle éclaire ce paradoxe entre vie et mort : à vrai dire le champ de perception n'appartient pas à notre personnalité, le visage d'un mort peut encore en quelque sorte y renaître dans sa singularité et pendant cette renaissance nous ne sommes plus là en tant visage d'une personnalité mais en tant que transparence. Nous ne voyons plus à travers deux yeux.


Ce Christ Pantocrator du Monastère Sainte Catherine au Mont Sinaï date du V ou VIème siècle. On voit bien une étrangeté au niveau des deux yeux mais si on fait l'effort simultané de regarder dans deux directions alors cette bizarrerie semble disparaître.


Toute cette opération reste fort mystérieuse. Car à vrai dire elle semble se produire sans notre dispositif de double direction de l'attention. L'image belle semble avoir d'elle-même ce pouvoir. Et le chemin qu'elle indique quand il se produit jusqu'à cette non-dualité entre la transparence de la perception et le perçu nous échappe.

La beauté est un processus où cette non séparation entre champ de perception et perçu est aussi liée à l'affect d'un plaisir désintéressé, d'un sentiment universel. C'est l'aboutissement d'un processus d'imagination libre dont nous n'avons pas les clés. Pour entrer dans ce processus, il faut parfois une initiation à l’œuvre belle, il faut une disposition intérieure qui facilite le ravissement. Autrement dit la beauté a partie liée avec une antichambre d'affects et plus particulièrement l'affect du sacré. L’œuvre belle semble seule avoir le pouvoir de cette non séparation. Nous dépendons de cette mise en présence de l’œuvre d'art pour la retrouver. La beauté et le sacré ont donc un pacte étroit. D'ailleurs l'art sacré religieux signifie la présence de la divinité dans l'expérience de beauté mystérieuse qu'il génère...

L'expérience originaire de la perception où il n'y a plus séparation entre le percevant et le perçu ne nécessite pas forcément selon nous les affects de la beauté et les concepts de la soumission à un rite initiatique qui font tout la dimension sacrée de l'art. Le glissement vers une religion de l’œuvre d'art n'est pas nécessaire si nous revenons au percept simple et sans mystère.



Les œuvres de Nancy Holt pointent l'espace de perception originaire. Par leurs percepts, elles font office de la double direction de l'attention dont nous parlions.




On conviendra que l’œuvre en tant que telle n'a aucune beauté.

Celle qui suit sera encore plus indiscutable de ce point de vue. A première vue il ne s'agit que de grandes buses posées en croix dans le désert.



Mais voici que devenant un dispositif où se joue un double pointer du doigt, elle nous conduit malgré sa banalité perceptuelle à une expérience de non dualité qui nous indique d'où jouir de la beauté de la nature :




Sous cet angle aucun beauté du paysage à cause de la buse en face mais une non dualité discrète du percevant et du perçu se fait jour :


Les quelques œuvres suivantes d'art environnemental ne nous conduisent-elles pas vers la source de la non séparation ? Voir la transparence qui regarde n'est-ce pas effacer la différence entre ce qui regarde et est regardé. Et ces œuvres ne pointent-elles pas cela par leur dispositif perceptuel sans jamais épaissir par un mystère autre la présence de cela ? Au lieu de nous conduire à cela par le détour d'un beau visage, d'un beau paysage dont la complexité conceptuelle, affective, etc. en épaissit le mystère en le sacralisant inutilement, ces œuvres ne nous conduisent-elles pas à cela par des percepts épurés qui font retour à la perception dans sa simplicité et aussi sa pauvreté apparente ?

Voici d'autres œuvres d'art environnemental, mises en place par Nils Udo qui obéissent à des processus perceptuels voisins :




Et ensuite des œuvres de Andy Goldsworthy :




Une œuvre de Wolfgang Buntrock :



Et pour terminer une œuvre de Richard Long :


Une œuvre de Sylvain Meyer :


Ceux qui ne voient rien de plus que la mort de l'art ignore les percepts originaires les plus enfantins qui réenchantent le monde en ramenant au champ de perception originaire avant que nous n'ayons l'impression mentale illusoire d'être celui qui regarde.


 Dès lors conscient du champ de perception dans la pauvreté de sa séparation entre percevant et perçu, regardons un monochrome d'Yves Klein qui souvent est vu comme le symptôme par excellence de l'art contemporain.


 Devant ce bleu, lorsque nous réalisons que personne ne voit, nous voici bleu. 

Est-ce le vide transparent que nous sommes originairement en tant champ de perception qui prend conscience de sa bleuité ? Ou sommes-nous plutôt une pure bleuisation, un surgissement de bleu prenant conscience de soi jusqu'à la prise de conscience du vide perceptif qui l'abolit dans la coïncidence avec lui-même ?

Le percept peut être sans beauté éclatante comme ici mais il nous ramène à nous même...

jeudi 19 mai 2011

LIMITE DE LA CONSCIENCE MENTALE REVELEE PAR LES LIMITES DE LA TECHNOLOGIE. ECOLOGIE ET SPIRITUALITE INTEGRALE 1.


L'observateur attentif aura remarqué que toutes nos technologies des plus archaïques au plus sophistiquées n'échappent pas à l'usure, la panne. Les conséquences de ces usures et de ces pannes sont l'accident voire la catastrophe.

Heidegger voit dans l'essence de la technique une force à l'œuvre que nous ne maîtrisons pas. L'impulsion quantitative de puissance inhérente à la technique supprime la différence entre les étants  (choses et existences en train d'être) et conduit vers l'Être sans étant. La technoscience ignore la question de la différence surgit de l'Être dans l'étant, il y reconduit par le biais de la catastrophe.
Ces explications laissent un flou dans le pourquoi de l'impossibilité d'une maîtrise de la technique qui se joue au cœur de l'usure et de la panne. A vrai dire pourquoi la panne nous surprend-elle au point de produire accident voire catastrophe ?

Quand je conduis, je n'ai pas une conscience directe de ce qui se passe sous le capot ou sous la voiture. Et c'est cette absence de conscience directe qui permettra une panne inattendue. 
De même en travaillant sur mon ordinateur je n'ai accès qu'à une interface, je n'ai pas une conscience directe de tous les processus qui sont en jeu pour donner une réponse sur mon interface. Le bogue sera donc très souvent inopportun. Bien sûr par une série d'entretiens je peux éviter telle panne ou tel bogue, mais restera toujours des impondérables.

A partir de là nous apercevons des limites naturelles à la domination de la nature par notre conscience mentale qui s'incarne en technosciences. Plus nous développerons des systèmes complexes de technologies plus nous risquons un effondrement catastrophique inattendu. Car plus notre système technique est complexe moins nous avons conscience de ses processus de façon directe.
A partir de là deux conclusions s'imposent :

- Nous devrions éviter des technologies dont les pannes seraient catastrophiques au niveau de leurs effets ;



- Nous pouvons envisager sérieusement de développer notre conscience directe du réel.


Une pensée n'est pas une conscience directe du réel. Toute pensée est une fiction représentant plus ou moins le réel mais jamais fidèlement. Seule l'espace de conscience de la perception est perçu directement par lui-même. C'est à partir de lui que nos pensées prennent sens, que nos émotions sont ressenties et c'est aussi en percevant directement à partir de lui que nous nous identifions à une pensée ou une émotion ou bien qu'au contraire nous nous en désidentifions. La spiritualité intégrale peut nous amener à une conscience directe plus approfondie et plus élargie vers le subconscient et le supraconscient. 


Un chemin vers une conscience directe élargie de la matière est-il  possible ? Si notre compréhension des limites de notre conscience mentale à travers les limites de notre technologie est juste alors n'est-ce pas le chemin le plus radical et authentique vers une évolution de plus en plus consciente de la conscience ?

L'écologie politique n'a pas de sens si elle n'est qu'un retrait de l'humanité par rapport à son aventure de divinisation. Contre le matérialisme qui affirme encore de temps en temps (cf. le transhumanisme) une divinisation de l'homme à travers la technique, notre réflexion et notre démarche spirituelle nous amènent à envisager une divinisation par le développement d'une conscience de plus en plus directe de la matière. 
L'écologie politique qui consiste à réduire nos ambitions techniques et faire le deuil d'une divinisation dans cette direction ne semble pas spirituellement consistante. A vrai dire cette réduction n'interdit pas une divinisation dans une autre direction.
La connaissance par identité de la conscience est la seule qui ne passe pas et qui ne soit prisonnière de la mémoire et autre processus indirecte. Mais cette connaissance par identité ne peut-elle pas s'élargir au-delà des limites mentales et vitales de l'humanité ?  Le développement de cette connaissance par identité ne peut-il pas être notre nouveau chemin de divinisation ?

jeudi 21 avril 2011

POLITIQUE FICTION D'UNE DIVINISATION DE L'HUMANITE.

Il est vrai qu'il peut y avoir une royauté plus stable et donc juste que certaines de nos démocraties. Mais les royautés ou les empires ont dû faire place peu à peu à des systèmes pluralistes.

Quel serait l'enjeu spirituel d'une telle évolution sociale et politique ? Une harmonie de plus en plus consciente et développée entre la créativité individuelle et la solidarité collective. 
Autrement dit, dans un va-et-vient entre l'éternité et le temps, l'Un qui se manifeste multiple semble se chercher dans la prise de conscience de lui-même au cœur de chaque point de son autocréation multiple.

Dans un clan, une tribu, la créativité individuelle est limitée par la pression du clan pour se perpétuer. Le Seigneur de guerre, le héros mène le clan dans leur propre créativité au dépend souvent de toute solidarité...
La royauté a toujours conduit à un système social hiérarchique assez rigide. C'est à partir de la démocratie qu'on trouvera un meilleur équilibre entre solidarité collective et créativité individuelle. Liberté, égalité, fraternité, notre devise française ne traduit-elle pas un tel idéal ? Au XIXème siècle, Pierre Leroux un des rares penseurs de gauche à s'être intéressé à la spiritualité occidentale et orientale en lien à la politique est aussi l'un des premiers à avoir développer cette devise. Dans de l'humanité, il estime que chaque individu humain qui a le mouvement et la vie du sein même du divin joue en lui-même le sort de l'humanité. Car selon lui le moi individuel n'existe jamais isolé de l'humanité entière. 

 
Prendre conscience de ce point reviendrait à fonder spirituellement la fraternité qui seule réconcilie la tension entre égalité de dignité et liberté de penser, de créer ou d'entreprendre. La fraternité comme prise de conscience de notre non séparation entre moi et humanité éviterait les dérives socialistes et libérales.



Sri Aurobindo lui même attachait beaucoup d’importance aux valeurs révolutionnaires, exprimées dans la devise : «Liberté, Egalité, Fraternité» qu’il commentait de la manière suivante :
« Les révolutionnaires français étaient avant tout  désireux de parvenir à une liberté et à une égalité politique et sociale sans accorder d’attention suffisante à la fraternité ; c'est le manque de fraternité qui explique les lacunes de la Révolution Française. Sans l'esprit et la pratique de la fraternité, ni la liberté ni l'égalité ne peuvent être maintenues au-delà d'une brève période. Les Français ignoraient l'aspect pratique de ce principe ; ils faisaient de la liberté la base, de la fraternité la superstructure, faisant ainsi reposer le triangle sur son sommet. Car en raison de la prédominance de la Grèce et de Rome dans leur imagination, ils étaient imbibés de l'idée de liberté et n'acceptaient que pour la forme le principe chrétien et asiatique de fraternité. Ils bâtirent en fonction de ce qu'ils connaissaient, mais le triangle doit être inversé afin de pouvoir tenir d'une façon permanente »

En termes contemporain, il s'agit d'éviter la dérive ultralibérale où l'égocentrisme est confondu avec la créativité individuelle comme on doit continuer à mettre un terme aux entreprises de massification totalitaire fascistes et communistes pseudo-égalitaires.
C'est à ce niveau que la démocratie pourrait être transformée en profondeur si par hasard la spiritualité devenait plus courante entraînant une érosion de l'égocentrisme.

La volonté générale de Rousseau qui inspire notre idéal démocratique est rarement connue pour ce qu'elle est. Elle s'inspire de l'harmonie musicale : elle est la recherche d'un point de vue qui intègre chaque volonté individuelle comme le chant d'une chorale intègre chaque voix individuelle. Le tout d'une chorale sans trahir la tessiture des voix individuelles a une dimension qui n'est dans aucune des voix en particulier. 
La volonté générale n'est qu'un concept sauf peut-être dans telle équipe de sport, tel groupe musical, tel groupe humain à tel moment en face de telle situation. Mais imaginons que l'égocentrisme s'érode, que l'ouverture au pluralisme de l'Un grandisse... Imaginons que l'autorité de ceux qui facilitent diversement cette évolution soit reconnue comme source du partage de ce pouvoir collectif... Nous ne serions pas loin d'un anarchisme spirituel dont le "isme" lui-même serait sans pertinence.

mercredi 20 avril 2011

VOTER REVIENT A NE PAS IGNORER LE PALIER DEMOCRATIQUE DE L'EVOLUTION DE LA CONSCIENCE.

Aujourd'hui nombre de citoyens estiment qu'il ne vaut pas la peine de voter. Ils dénoncent le semblant de démocratie, la manipulation des foules par les leaders politiques. 

Il y a là un rejet de la modernité qui à la fois a des traits postmodernes et des traits prémodernes.A vrai dire nous sommes à la frontière d'un saut évolutif dans l'évolution des consciences du point de vue de leur mentalité.

Pour eux nous sommes dans un des pires systèmes politiques ayant existé où finalement ce sont toujours les mêmes en train de magouiller qui sont au pouvoir. Certains en sont même à idéaliser le système des castes des sociétés médiévales où le soi-disant pouvoir spirituel faisait contrepoids au pouvoir temporel. Ils ont la nostalgie d'une caste dirigeante au service du peuple. 
Mais y a-t-il eu sur la terre une seule caste dirigeante au service de l'évolution de chaque individu dont elle a la responsabilité ? Il faut se souvenir que la démocratie dans son essence authentique seule autorise le pluralisme qu'il soit de mœurs, de religion ou de spiritualité. Il ne s'agit pas encore d'une politique faisant de l'évolution de la conscience individuelle et collective son objet mais n'est-ce pas un palier meilleur vers une telle politique qu'une société ordonnée, dogmatique, etc. ? La démocratie elle-seule a permis un degré d'individualisation  des êtres humains comme jamais il n'en a existé dans le passé. Bien sûr on peut dire que souvent il y a un consumérisme conformiste dominant mais si vous pouvez vraiment vous en affranchir sans être inquiété, emprisonné et persécuté par les forces de l’État, n'est-ce pas déjà beaucoup ? Entre une dérive ploutocratique et une dictature, il y a un sérieux fossé que la plupart des gens ne perçoivent plus. Certes nous n'avons pas pour la plupart une expérience vécue de la dictature. Mais ne pas faire cette distinction dénote une profonde ignorance d'un idéal vivre ensemble visant à harmoniser le sens du collectif avec l'individualisation de chaque être humain et de sa progression à travers l'histoire.



Ces réactions de désaffection de la chose politique  ignorent ce qu'est une dictature, une vraie. La dictature n'est pas la conséquence logique de la vie démocratique, c'est la tentative impossible et catastrophique de revenir aux pratiques monarchiques et théocratiques qui précédaient la démocratie. Sans une vision évolutive des organisations et une adhésion à la dynamique évolutive, on ne peut pas saisir les forces en jeu. Celui qui est nostalgique des hiérarchies passées et de la théocratie juge la catastrophe dictatoriale  comme une conséquence logique de la dégénérescence démocratique. Il ne voit pas que ce sont précisément sur une telle nostalgie que les fascismes se sont répandus à moins qu'il ne soit fasciste bien sûr car vraiment situé dans le mépris de l'individualisation des personnes et du pluralisme estimant lui-seul posséder la vérité de ce qui est et devient. D'ailleurs les communistes ennemis des fascistes sont victimes eux aussi d'une utopie sociale du passé : le messianisme et d'une caste élue par la providence (l'Histoire) pour le mener à bien. D'ailleurs le vote communiste d'avant 1989 n'est-il pas devenu le vote fascisant d'après 1989 ? Le fascisme et le communisme sont deux visions modernes qui face aux effets de désordre de la modernité envisagent un retour à des traits fondamentaux de la prémodernité.
Ma femme qui est née en Roumanie et a passé sa jeunesse sous Ceaucescu voit là dans la dénonciation de la démocratie comme dictature cachée des lubies de gosses de riches qui ignorent la chance qu'ils ont de vivre dans un monde où ils sont libre de penser, de croire et d'exprimer ce qu'ils veulent tout en ayant la garantie de ne pas manquer de chauffage, de nourriture, etc. Car nos plus pauvres ont de plus en plus l'opportunité d'échapper à cela. Une démocratie même ploutocratique est moins pire qu'une véritable dictature ; à tout point de vue. Ken Wilber essaie de faire prendre conscience aux générations des pays occidentaux d'après 1945 et qui ont donc eu 20 ans après 1968 qu'elles ont été parmi les plus chanceuses de l'histoire humaine. Elles disposent de la plus forte espérance de vie jamais enregistrées, elles ont eu un niveau d'éducation jamais encore aussi généreusement distribué, etc. A vrai dire leur égocentrisme (pas pire que celles des précédentes générations) se caractérise par un narcissisme plus fort, par une victimisation plus accentuée, etc.
 
Si nous ne voulons pas que notre démocratie soit conquise complétement par le pouvoir de l'argent ou devienne vraiment une oligarchie sécuritaire et liberticide, nous pouvons jouir de notre droit de vote et nous en servir comme levier pour écarter les hommes  et les mouvements politiques qui veulent transformer l’État en ce sens.  L'enjeu pour nous postmodernes ou même post-postmodernes est de dépasser le modernisme qui ne voit que par la croissance du profit et les intérêts égocentriques du profit et aussi la nostalgie prémoderne de ceux qui n'assument pas de s'individualiser sans norme collective précise.
Les partis et les idées d'extrême droite aujourd'hui comme ceux d'extrême gauche pour la plupart (il y a aussi une extrême gauche démocratique voire républicaine : cf Pierre Leroux, Jaurès, etc.) sont des dangers pour la vie démocratique. Mais alors faut-il voter pour les partis de la ploutocratie (du pouvoir de l'argent) ? L'offre politique est aujourd'hui plus large heureusement et peut le devenir encore plus ! Le (post)postmoderne conséquent sait par déduction qu'il ne reste plus que l'aventure de l'écologie politique, non plus centrée sur la modernité calculatrice mais axée sur une postmodernité symbiotique et conviviale. Mais déjà on sait que ce choix de l'écologie politique est limité car on sent que le postmoderne ignore précisément ce dont nous parlons d'un point de vue post-postmoderne à savoir l'évolution de la conscience et l'exploration spirituelle.
Ceux qui ne votent pas ou ne votent plus au nom de leurs considérations critiques sont la plupart du temps une énergie perdue pour réformer notre démocratie. (La vision anarchiste qui voudrait se substituer à des institutions démocratiques jugées non réformables exige une mise en pratique alternative de la fraternité qu'on voit rarement se concrétiser matériellement même chez les soi-disant anars de gauche. Seule la mise en place d'une vie collective en dehors des cadres de l’État démocratique l'obligerait s'il se prétend libéral à admettre qu'être usage et pourvoyeur de l’État doit être un choix libre. Mais au fond, on en viendrait à l'idée que l’État libéral peut et doit se réformer par des choix démocratiques qui impliquent le vote pour accepter le développement d'un anarchisme. Soit alors l’État "démocratique" montrerait qu'il n'a jamais été libéral et qu'il est viscéralement totalitaire. J'ai tendance à penser que l’État démocratique est réformable électoralement au point de servir "l'anarchisation" de notre société par une éducation individualisante et non "normalisante", par sa réduction à un organisme de redistribution d'un Revenu Minimum d'Existence, etc.). Il est facile de dire que nos politiciens sont des pourris en leur abandonnant le pouvoir et de souhaiter le chaos d'un grand soir quand le pouvoir politique aura révélé son visage abject. On remarquera qu'il est plus difficile de risquer sa vie contre un dictateur comme ce fût le cas pour des roumains fin 1989 ou avant 1989 à Brasov que d'utiliser la liberté politique démocratique pour y susciter une réforme en éduquant l'opinion. A vrai dire, nous avons là un critère pour reconnaître les grands hommes politiques, veut-on nous séduire ( on est embourbé par des traits de mentalités qui résistent à la postmodernité tout en usant de la séduction postmoderne pour les rendre désirables) ou veut-on nous éduquer (nous amener à devenir pleinement postmodernes ou déjà à l'aube du post-postmoderne ) ?
Le pire est d'entendre ces personnes qui ne votent pas dire qu'elles fuiront la France si le pouvoir devient inadmissible (le comble du narcissisme postmoderne !?!).  Leur lâcheté est confondante. Où est leur énergie pour constituer un mouvement d'opposition consistant capable de proposer une autre vision du monde et de gérer autrement la puissance d’État ? A vrai dire le mal politique qui infecte notre société est plus diffus, un peu comme les polluants dans la nature  et nos corps qui n'agissent pas directement mais par leurs effets croisés. On les sent à l'œuvre, on peut les nommer mais on ne peut pas les expulser, on ne sait pas constituer  la réponse qui en détruira l'action. Il nous faut une intelligence immunitaire en quelque sorte pour ne pas laisser se diffuser nous aussi ce mal (ces types de raisonnements sont vraiment (post)postmodernes au sens où ils ne relèvent pas de la volonté de contrôle moderne qu'on retrouve dans les discours simplistes lorgnant sur la prémodernité (FN, Parti de gauche, LO) ou les discours gestionnaires assumant la seule modernité (PS)). Au fond qui ne dit rien politiquement, consent. Des leaders spirituels comme Sri Aurobindo ont su sortir de leur retrait  apparent de la chose politique pour prendre parti en faveur de l'avenir le moins pire : lors de la deuxième guerre mondiale, Sri Aurobindo a appelé l'Inde à soutenir les alliés plutôt que les nazis par opportunisme contre la Grande Bretagne (qui à l'époque avait de l'Inde une colonie). En effet l'histoire lui a donné raison, les nazis étaient pires que tout.  
La perfection est un chemin où à la croisée du pire et du moins pire, il faut savoir faire son choix à chaque pas. Soyons honnêtes, regardons-nous. Nos complicités avec le pire de nous-même conjuguées à celle des autres est la vraie source du chaos. Mais quand nous ne sommes plus complice de la nôtre, il faut admettre le fait qui suit. Une intelligence au niveau collectif ne grandira pas d'un seul coup à moins d'une catastrophe que la sagesse et la compassion nous commandent d'éviter. 

Enfin en ce qui concerne la question du vote, nous sommes tous des usagers de l’État autant que ses pourvoyeurs de fond par les taxes et l'impôt. Nous avons besoin de l'hôpital quand nous avons une fracture, des pompiers quand nous avons le feu, des professeurs quand nous avons des enfants à éduquer, des policiers et de la justice quand nous sommes agressés, etc. Parmi ceux qui refusent d'aller voter, combien vont refuser la retraite, la sécurité sociale, la CMU, le RSA, la CAF, les allocations chômages, les bourses, etc. ?  (politiquement, nous ne  devons plus encourager l'approche moderne qui démultiplie les gestions d'aides de l'Etat. Il semblerait plus juste de signifier concrètement ce qui est en jeu : le droit pour chaque être humain de ne plus avoir à gagner sa vie comme la plupart des animaux le font en entrant en concurrence avec d'autres .) Il nous faut être conséquent. Soit nous renonçons vraiment à être des usagers de l’État et arguant de là ses pourvoyeur de fond, alors nos politiciens perdront vraiment leur pouvoir sur nous. Soit vraiment en tant qu'usagers de l’État et pourvoyeurs de fond de celui-ci, nous votons pour un type de fonctionnement  étatique et  pour le personnel politique qui nous paraît le moins pire.
A vrai dire la démocratie devrait permettre ce choix fondamental, d'être en relation ou non avec l'Etat (en dehors des questions de justice bien sûr). On pourrait même imaginer qu'il y aurait les citoyens ayant choisi d'être sans État ayant le droit de voter ou non, côtoyant les citoyen avec État. (A vrai dire le pluralisme postmoderne devrait être capable d'offrir la combinaison politique permettant simultanément ces divers choix. Bien sûr on distinguerait le refus de l’État relatif à la solidarité (médecine, aides, éducation, etc.) du refus de l’État servant la justice protectrice des droits de chacun. Au dernière nouvelle un État démocratique assurant la sécurité civile reste nécessaire.)
Aujourd'hui on remarquera que les politiciens ne font pas grand chose pour que les gens votent tous. Ils font bien des pétitions de principe mais élus par tous les citoyens ou par à peine 1%, ils sont élus. Par contre, une minorité d'hommes politiques défendra la liberté citoyenne d'être sans État, libre de ses solidarités et exigences à côté de la liberté citoyenne avec l’État offrant une solidarité nationale. 
En fait dans la dérive ploutocratique, la majorité des politiciens élus œuvrent plus ou moins consciemment pour que les citoyens les plus laborieux soient pourvoyeurs de fond de l’État, que les plus pauvres soient des usagers dépendants et contrôlés tandis qu'ils permettent aux plus riches d'en être les usagers les plus satisfaits dans la mesure où leurs grandes entreprises ont été et sont subventionnées  sans  être vraiment contrôlées et surtout sans être en retour de véritables pourvoyeurs de fond dans une proportion comparable (tant au niveau de l'Etat que des citoyens).

Pour approfondir ces idées, on consultera cet autre autre article